
Dernier voyage
Le 25 juin 2026, mon papa est parti. Un jour de Pentecôte, à Vic. Moi qui ne suis pas très fort pour me rappeler des dates, mon papa a choisi un repère fort mais flottant pour son grand voyage. Il y a longtemps, pour une exposition au château d’Aubenas, il avait conçu une œuvre pour l’événement. Cette œuvre s’intitule « Machine à voyager dans le temps ». La photo n’est pas de très bonne qualité. Vous pourrez tout de même comprendre qu’il s’agit d’un cercueil avec des ailes, une hélice, une cloche, deux phares et ses initiales clouées sur le dessus. On y retrouve son humour, sa force discrète, voire son courage élégant à déranger le voyeur que nous sommes. On y devine son besoin de rester en mouvement. Bon voyage. Tu nous manques.

Ateliers
Depuis de nombreuses années, René Mirabel avait annexé le garage de sa maison à Chassiers, en Ardèche. Il en avait fait son atelier. Son travail de coloriste y saute aux yeux. Des essais de couleurs dans les pots, des échantillons de mélanges et de multiples raclettes à vitre minutieusement sculptées afin de racler la peinture encore fraîche et de faire les sillons plus ou moins fins que l’on retrouve dans les dernières séries: Vibrations, Configurations, Traces et Empreintes.

Rigueur
Il n’y a pas de place pour l’improvisation. Dans le travail de René Mirabel, la conception est pensée. Le travail sur les couleurs est testé. Le geste du peintre est autant que possible absent. Ce geste, qui au fil du temps et des périodes, s’est effacé.

Le Livre
Ce livre s’intitule « 60 années et 60 jours ». Lorsque le travail a commencé, mon papa était plasticien depuis plus de 58 ans. Ce projet l’a porté comme une rétrospective dont il rêvait. Jacques Roux nous a rejoint pour écrire les textes. Mon papa a « finalement » aussi écrit des textes au sujet de son travail. Pour lui, expliquer sa peinture était contre nature. Il avait l’habitude de dire que, s’il voulait raconter des histoires, il serait devenu écrivain… en citant les peintres orateurs avec une petite dose de mépris. Il ajoutait parfois qu’il savait de quoi il parlait, puisqu’il avait lui-même vendu des meubles (pour vivre). Le livre a grossi au fil de l’eau, sous l’effet de renoncements impossibles : de 100 pages initialement à 150, puis 200… L’imprimeur a reçu un fichier pour impression « deux ans et soixante jours » plus tard, avec 240 pages. Et merci Jacques pour votre travail, vos mots et votre soutien.

Expositions
1967|IVe salon international de Monte-Carlo - Achat d'une toile par S.A.S. la Princesse Grace de Monaco1968|Biennale itinérante pour le continent américain1969|Salon international de Barcelone1970 à 1977|Festival d'art de Barjac - Château de Barjac (30)1973|Salon pour l'International Art Guild à Nice - Palais de la Méditerranée1978|Salon de Charleroi - Palais des Beaux-Arts - Belgique1981|20 peintres - Château du Rouret - Grospierres1983|Balazuc - Église - Peintures1988|Salon « grands et jeunes d'aujourd'hui » - Grand Palais - Paris1990|Exposition personnelle galerie peinture fraîche - Paris1992|Casino de Vals-les-Bains (Ardèche) - Exposition personnelle juillet1992|Dijon - Hôtel de la Cloche - Exposition personnelle1992|Paris - Bibliothèque nationale De Bonnard à Baselitz « Chefs-d’œuvre de l'estampe du XXe siècle »1993|Uzès (30) - Salon annuel1994|Ailhon - Galerie « vivement jeudi » - Exposition personnelle1998|Salon « jeune peinture » - Quai Branly - Paris - Installation1998 à 2004|Salon az'art - Château d'Aubenas2001|Banne-le-Fort (07) - Installation « L'arche de Noé »2001|Château de Vogüé - « Mémoire des arts en bas Vivarais »2001|Privas - Exposition personnelle + Installation2002|Aubenas - Espace Mongalvy - Peintures2026|Galerie Mirabilia – Lagorce - juillet-août-septembre

Les amis
René Mirabel a toujours travaillé sans reconnaissance officielle mais avec le soutien appuyé de quelques peintres et amis dont l’avis pesait à ses yeux. Maïk, Yankel que l’on voit sur la photo. Perlin aussi. Pérouse Manent. René Mirabel a tracé sa route comme le Dude, sans jamais tenir compte des remarques et des conseils. Avec sa propre définition de la peinture. Et comme il l’écrit dans le livre : « Je ne chercherai pas à savoir si je me trompe ». Une définition comme une autre de la liberté.

Champagne
Boire le champagne n'avait aucun caractère obligatoire mais ne pas le boire était une occasion manquée. Un bon moment qui s'étire.